A priori négatif sur le préservatif

En cette période de sidaction, il me parait approprié d’aborder la question du préservatif.

Malgré les nombreuses incitations à « sortir couverts », il semblerait que beaucoup d’entre nous aient encore des rapports non protégés. Ainsi le tableau de chasse de ce « foutu » virus ne cesse de s’allonger.
Comment pouvons-nous oublier de nous protéger ou/et de protéger notre partenaire? Aurions-nous si peu de joie de vivre ou de conscience pour ignorer ce danger de mort qui nous guette?
Forcément, tôt ou tard, chacun d’entre nous passera de vie à trépas mais mieux vaut le plus tard possible, non? Et puis quand bien même on se « ficherait » de la mort, peut-on légitimement en décider pour son partenaire?

Une raison de cette réticence au préservatif est que vouloir utiliser une capote passe pour un manque de confiance en son partenaire.
Cela m’amène à deux remarques : tout d’abord, qui peut prétendre qu’il est 100% sûr d’être séronégatif tant qu’il n’a pas fait le test? Il est donc nécessaire de connaître son état de santé et celui de l’autre avant d’avoir des rapports non protégés.
Par ailleurs, il faut arrêter de s’imaginer qu’il faut avoir une vie dissolue pour être séropositif! Le sida n’est pas réservé aux « chauds lapins » ou aux personnes infidèles. On peut attraper le sida lors du premier rapport de sa vie. On peut devenir séropositif parce que son compagnon ou sa compagne vous a trompé sans protection avec une personne victime du sida.
Donc, je vais dire une chose évidente mais que certains ont l’air d’oublier: on peut être quelqu’un de bien et être séropositif.
En revanche, prendre le risque de transmettre une maladie à  son partenaire est irresponsable et intolérable. De même, mettre sa vie en danger n’est pas très intelligent.
Alors, comment peut-on avoir confiance en une personne qui est prête à prendre ces risques?

Ainsi, arrêtez de penser qu’utiliser une capote, ce n’est pas faire confiance, et appliquez la formule « soyez dignes de confiance, utilisez un préservatif »

Les autres facteurs (prix du préservatif, rapports moins agréables pour certains etc.) ne font pas le poids face aux conséquences du sida sur ses victimes. De plus, le sida n’est pas la seule maladie sexuellement transmissible. Donc, ne gâchez pas votre vie et celle des autres par paresse ou pour économiser quelques centimes! Et attendez les résultats des tests, avant d’avoir des rapports sans préservatif.

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La position de l’Eglise

En ce moment, le Pape est violemment critiqué en raison de son opposition au préservatif. Comme je l’ai démontré précédemment, je suis pour le préservatif. Mais je tiens malgré tout à expliquer quelle est la position de l’Eglise pour que chacun adopte un point de vue plus nuancé sur le Pape ou/et l’Eglise concernant le préservatif.

Tout d’abord il faut préciser que le rôle de l’Eglise et du Pape est de donner une ligne de conduite.
Nous savons tous qu’il existe très souvent une différence entre la théorie et la pratique mais que ce n’est pas pour autant que nous renonçons à toute théorie: il est important de se fixer des objectifs pour donner le meilleur de soi-même.
Ensuite, personne n’est obligé d’être croyant, personne n’est obligé d’être pratiquant. Donc, l’Eglise et le Pape n’ont d’influence sur votre vie que si vous l’acceptez. Chacun reste libre de ses choix. Naturellement, cette liberté n’existe que dans les états laïques.
Mon interrogation est donc la suivante: pourquoi l’Eglise est contre le préservatif ?

Que les choses soient claires, si on s’en tient rigoureusement à ce que « demande » l’Eglise, chacun doit attendre d’être marié pour avoir des rapports sexuels. Et une fois marié, il doit être fidèle à son conjoint.
Par conséquent, il n’y a aucune raison d’utiliser un préservatif, si on respecte les « règles » de l’Eglise.

A l’heure actuelle, peu de gens attendent d’être mariés pour avoir des rapports sexuels. Et il faut admettre que l’arrivée des moyens de contraception dans nos sociétés a eu pour conséquence de multiplier les rapports sexuels avant le mariage et hors mariage.
Auparavant, chacun avait la « crainte » de faire un enfant à chaque rapport sexuel donc, cela l’obligeait à une certaine modération. Et puis, avoir un enfant avant le mariage était mal accepté par la société.
L’existence des moyens de contraception a mis fin à cette crainte et donc, plus rien ne nous empêche d’avoir des partenaires différents toute notre vie.
Ce nouveau pouvoir sur les naissances a eu pour effet de faire évoluer petit à petit la conception du mariage: il n’est plus « nécessaire » de se marier pour avoir des rapports sexuels et/ou pour légitimer une grossesse ou un enfant. Et puis le mariage ne protége plus autant de l’infidélité. Le mariage a donc perdu petit à petit de son intérêt pour une partie de la population. D’ailleurs aujourd’hui, certains préfèrent faire des enfants sans se marier ou avant de se marier.
Il est donc facile de comprendre pourquoi l’Eglise est contre l’utilisation de moyens de contraception.

L’opposition de l’Eglise au préservatif a pour origine également, Sa conception de la vie et de la mort: l’Homme n’a pas à décider de donner la vie ou la mort, c’est à Dieu d’en décider. En utilisant des moyens de contraception ou en recourant à l’avortement, l’Homme se donne le pouvoir de Dieu.

Face aux maladies sexuellement transmissibles comme par exemple le sida, la position de l’Eglise se tient également: il est évident que le sida ne se développerait pas autant si chacun n’avait qu’un seul partenaire dans sa vie. C’est sans doute le moyen d’action le plus efficace pour faire reculer les maladies sexuellement transmissibles.

Ainsi, la position de l’Eglise à l’égard des moyens de contraception est logique.
Mais elle repose sur les principes de chasteté avant le mariage et de fidélité pendant le mariage. Dès lors que nous rejetons l’un de ces deux principes (voire les deux) en ayant des rapports sexuels avant ou/et hors mariage, la théorie s’écroule et n’a plus de sens. Des questions restent alors sans réponse et la place est laissée à de dangereux raccourcis ou des amalgames du type: « Le Pape préfère qu’on attrappe le sida plutôt qu’on utilise le préservatif. »
Ces « vides » dans Sa théorie ne veulent pas dire pour autant que l’Eglise est contre la protection des rapports avant et hors mariage.

En conclusion, l’Eglise a des raisons légitimes d’être opposée au préservatif. Néanmoins, Elle devrait répondre aux interrogations des personnes pour lesquelles sa ligne de conduite est trop difficile à suivre.
Le discours de l’Eglise devrait être le suivant: « Soyez chastes avant le mariage et fidèles pendant le mariage. Néanmoins, nous savons que beaucoup d’entre vous ont des relations sexuelles en dehors du mariage, donc, si c’est votre cas ne prenez pas de risque pour vous et votre partenaire, protégez-vous en utilisant un préservatif. « 

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